{"id":6399,"date":"2020-01-14T15:27:24","date_gmt":"2020-01-14T14:27:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.presstourism.ch\/WP_ALEX\/?page_id=6399"},"modified":"2020-01-14T15:29:52","modified_gmt":"2020-01-14T14:29:52","slug":"la-ceremonie-du-the","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.presstourism.ch\/?page_id=6399","title":{"rendered":"La c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/s169196779.onlinehome.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tenri-macha.jpg\"><img src=\"https:\/\/i0.wp.com\/s169196779.onlinehome.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tenri-macha.jpg?resize=200%2C200\" alt=\"tenri-macha\" class=\"wp-image-2023\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cela faisait des jours et des jours que le ma\u00eetre arpentait les all\u00e9es lilliputiennes de son jardin, s\u00e9cateur ou plumeau en main, lourds sabots de bois claquant sur la pierraille. V\u00eatu d\u2019une salopette informe, d\u2019un gros chandail \u00e9cru et torsad\u00e9 recouvert en partie d\u2019une esp\u00e8ce de gilet ray\u00e9, il ne s\u2019\u00e9tait jamais d\u00e9parti du capet de laine bleue enserrant ses cheveux et ramenant toute sa haute carcasse vers le sol. Image de l\u2019humilit\u00e9? Sans doute. Mais le geste \u00e9tait pr\u00e9cis, pr\u00e9cieux, noble, la barbichette Napol\u00e9on III souveraine, le regard guerrier, tandis que le ma\u00eetre s\u2019acquittait des t\u00e2ches apparemment les plus banales, taille du prunus, \u00e9bourgeonnage du cam\u00e9lia, \u00e9mondage de la haie de buis, d\u00e9poussi\u00e9rage du pointill\u00e9 de pierres grises qui guideraient l\u2019h\u00f4te sur le chemin de la maison de th\u00e9, bient\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis vint le matin du jour. Plus un brin ne d\u00e9passait du toit de chaume aux \u00e9pis m\u00e9ticuleusement ficel\u00e9s, pas une goutte ne manquait \u00e0 la pierre \u00e0 eau venue par bateau d\u2019une chapelle de Savoie. La veille, le ma\u00eetre s\u2019\u00e9tait mis au volant de sa voiture, japonaise bien s\u00fbr, et s\u2019\u00e9tait rendu chez son ami l\u2019antiquaire, \u00e0 Kyoto. Plus de deux heures de route, dans l\u2019enchev\u00eatrement de collines et de montagnes qui caract\u00e9rise l\u2019archipel japonais. Dans les ruelles minuscules de la ville ancienne, il s\u2019\u00e9tait gliss\u00e9 dans une \u00e9choppe sans enseigne, s\u2019\u00e9tait immobilis\u00e9 sur la marche la plus basse et avait attendu, immobile, que l\u2019homme \u00e9cart\u00e2t le rideau de toile bise donnant sur l\u2019arri\u00e8re-salle, celle des tr\u00e9sors.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019y avais suivi, gourd, pataud, craignant que mes gestes ne jettent \u00e0 terre l\u2019un ou l\u2019autre des objets fragiles et multi-centenaires entre lesquels nous devions nous frayer un improbable passage. Le ma\u00eetre et son ami l\u2019antiquaire s\u2019\u00e9taient entretenus en japonais. Je n\u2019avais pas compris grand-chose, sinon que leur discussion, respectueuse et complice \u00e0 la fois, sautillait entre des \u00e9v\u00e9nements du moment et d\u2019autres qui remontaient au d\u00e9but de l\u2019\u00e8re Meiji, comme si les uns et les autres eussent tenu \u00e0 la m\u00eame et proche actualit\u00e9. Puis l\u2019homme \u00e9tait pass\u00e9 dans une troisi\u00e8me pi\u00e8ce, un cagibi plut\u00f4t, et en \u00e9tait ressorti avec des cartons savamment enrubann\u00e9s, qu\u2019il avait d\u00e9shabill\u00e9s comme s\u2019il se f\u00fbt agi d\u2019une premi\u00e8re rencontre amoureuse.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019int\u00e9rieur, il y avait, s\u00e9par\u00e9s les uns des autres par du papier de soie mais maintenus ensemble par un ruban, une demi-douzaine de bols laqu\u00e9s de rouge et de noir. L\u2019ami les avait lib\u00e9r\u00e9s et, un \u00e0 un, les avait tendus au ma\u00eetre, qui les avait un \u00e0 un plac\u00e9s au creux de ses deux mains ouvertes comme pour recevoir une offrande ou un ciboire. De l\u2019int\u00e9rieur du pouce, il avait long\u00e9, \u00e9pous\u00e9, appr\u00e9ci\u00e9, les moindres rugosit\u00e9s, imperfections volontaires aux travers desquelles, quatre ou cinq cents ans plus t\u00f4t, un artisan obscur et fier avait laiss\u00e9 la marque de son art comme on laisse la trace de ses pas sur l\u2019herbe du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>A la nuit largement tomb\u00e9e, nous avions regagn\u00e9 nos montagnes et le hameau de Yotsuya, fief de quelques arpents et quelques murs, l\u00e0 o\u00f9 le ma\u00eetre avait choisi, quinze ans plus t\u00f4t, d\u2019enfouir sans retour des racines qui lui survivraient bien apr\u00e8s la mort puisqu\u2019il avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en faire, \u00e0 l\u2019heure de ses vieux jours, un centre d\u2019enseignement et de transmission de la culture bouddhiste zen.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre philosophe bouddhiste, notre ma\u00eetre \u00e8s c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 pr\u00e9sente une particularit\u00e9 inattendue, surtout dans le cercle \u00e9troit des d\u00e9fenseurs de la tradition japonaise&nbsp;: un accent d\u2019ailleurs, sans rapport avec les sonorit\u00e9s des montagnes environnantes. Il est suisse, genevois pour \u00eatre pr\u00e9cis, n\u00e9 en 1947, l\u2019ann\u00e9e du sanglier, et se nomme Philippe Neeser Dans son ermitage de Sekkaku-An (en japonais&nbsp;: aigrette malhabile), ses condisciples le connaissent plut\u00f4t sous le surnom de Jakuoo, le jeune vieillard. De formation, il est juriste et ici, au Japon, il d\u00e9fend entre Tokyo et Osaka les int\u00e9r\u00eats d\u2019une multinationale suisse. Mais son \u00e2me est ailleurs, avec les bonzes et les ermites du bouddhisme et plus encore avec ses pairs, les membres d\u2019une confr\u00e9rie tr\u00e8s restreinte et tr\u00e8s ferm\u00e9e, celle des grands ma\u00eetres de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ultime excursion dans le jardin de la maison de th\u00e9, le ma\u00eetre Jakuoo est all\u00e9 cueillir le bouton \u00e0 peine entrouvert d\u2019un cam\u00e9lia presque pourpre. Puis il a disparu derri\u00e8re la barri\u00e8re opaque d\u2019une des portes de papier de la maison de th\u00e9. Apr\u00e8s une longue h\u00e9sitation, je me suis engag\u00e9 \u00e0 sa suite, me suis gliss\u00e9 dans une des alc\u00f4ves juxtapos\u00e9es et l\u2019ai trouv\u00e9 agenouill\u00e9 face \u00e0 la statue dor\u00e9e d\u2019un Bouddha jovial et \u00e9nigmatique, radieux malgr\u00e9 le pauvre feu d\u2019une unique chandelle. Entre eux deux immobiles br\u00fblait un b\u00e2ton d\u2019encens. Jakuoo, entre ses doigts, \u00e9grena un chapelet et se mit \u00e0 psalmodier comme si personne n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de ce dialogue divin.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, il est l\u2019heure. Dans quelques minutes, l\u2019h\u00f4te du ma\u00eetre se pr\u00e9sentera \u00e0 la porte. Jakuoo a quitt\u00e9 l\u2019alc\u00f4ve au Bouddha pour la pi\u00e8ce voisine, plus petite encore, et seulement s\u00e9par\u00e9e par une fr\u00eale porte \u00e0 glissi\u00e8re. Nous sommes dans le saint des saints et c\u2019est un peu le messie que nous attendons. Dans le tokonoma, tabernacle accol\u00e9 \u00e0 la paroi nord, Jacuoo a d\u00e9roul\u00e9 le kak\u00e9mono, rouleau peint calligraphi\u00e9 de r\u00e9flexions sages tout expr\u00e8s choisies en rapport avec la personnalit\u00e9 de l\u2019invit\u00e9. A c\u00f4t\u00e9 est suspendu un vase ventru et ros\u00e2tre d\u2019o\u00f9 \u00e9merge le bouton de l\u2019unique cam\u00e9lia cueilli le matin. Aucun meuble mais quatre tatamis et, en leur centre, une cavit\u00e9 carr\u00e9e au fond de laquelle rougeoie la braise. Du plafond de bois pend une cr\u00e9maill\u00e8re qui soutient, juste au-dessus du foyer, une lourde bouilloire de fonte noire, venue elle aussi d\u2019un instant d\u2019antiquit\u00e9. L\u2019eau y chante d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>La porte diaphane donnant sur le jardin fr\u00e9mit, une ombre se d\u00e9coupe sur le papier opaque. La silhouette entrouvre le panneau, se glisse \u00e0 genoux, au ralenti et sans le moindre bruit, sur le tatami. Hiroyuki Sassaki n\u2019est pas un invit\u00e9 comme les autres puisqu\u2019il est, lui aussi, un des grands ma\u00eetres de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, qu\u2019il l\u2019enseigne \u00e0 l\u2019\u00e9cole du th\u00e9 de Kyoto et pourrait donc, \u00e0 ce titre, se trouver dans le r\u00f4le de Jakuoo plut\u00f4t que dans celui du simple visiteur. Plus que d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie protocolaire ou sociale, il s\u2019agit donc d\u2019une visite de courtoisie, d\u2019amiti\u00e9 aussi. Les deux hommes se connaissent de longue date.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant m\u00eame de saluer son h\u00f4te, Hiroyuki s\u2019est inclin\u00e9 devant les pens\u00e9es zen du tokonoma, a murmur\u00e9 une br\u00e8ve parole pour le bouton de cam\u00e9lia puis s\u2019est retourn\u00e9 vers Jakuoo, agenouill\u00e9 comme lui. L\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, l\u2019un vers l\u2019autre, si lentement que leur ombre semblait les pr\u00e9c\u00e9der, ils se sont inclin\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 devoir poser la paume des mains jointes sur le tatami, en signe de respect. Puis Jakuoo a fait glisser vers son invit\u00e9 une simple coupe contenant une unique boule blanche, le g\u00e2teau des neiges, le yukimochi. Ensuite, savamment, il a dispos\u00e9 devant soi le natsum\u00e9 contenant la poudre de th\u00e9, puis le bol blanc dans lequel patientait le cha sen, blaireau de bambou cisel\u00e9. Humblement, il a purifi\u00e9 du revers d\u2019un foulard de soie la cuiller de bambou destin\u00e9e \u00e0 extraire de la bo\u00eete une pinc\u00e9e de poudre verte.<\/p>\n\n\n\n<p>Hiroyuki, pendant tout ce temps, go\u00fbtait d\u00e9licatement au g\u00e2teau des neiges. Du godet d\u2019un ustensile de bois cisel\u00e9, Jakuoo a puis\u00e9 dans la bouilloire un peu d\u2019eau fr\u00e9missante, l\u2019a vers\u00e9e sur la poudre, dans le bol blanc, et s\u2019est mis \u00e0 battre le tout d\u2019un geste pr\u00e9cis du blaireau. De vert sombre, le m\u00e9lange est progressivement pass\u00e9 au vert pomme, puis est mont\u00e9 en cr\u00e8me au point de remplir presque compl\u00e8tement le bol, que Jakuoo a alors tendu \u00e0 Hiroyuki. Humilit\u00e9 et concentration, de part et d\u2019autre. Gestes d\u2019une patience, d\u2019un contr\u00f4le extr\u00eames. Puis le bol est longuement rest\u00e9 entre les paumes de l\u2019invit\u00e9, qui les a peu \u00e0 peu \u00e9lev\u00e9es au niveau de son regard, contemplant cette simple et sublime offrande au point de s\u2019en impr\u00e9gner, de se fondre avec elle, en elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, il a guid\u00e9 le bol vers sa bouche, s\u2019est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 port\u00e9e d\u2019haleine et a attendu un instant avant d\u2019avancer d\u00e9licatement les l\u00e8vres, d\u2019incliner le bol, de humer, de pressentir, de go\u00fbter, d\u2019appr\u00e9cier et, enfin de boire une premi\u00e8re et infime gorg\u00e9e. Il a dit que le bol \u00e9tait beau, que le th\u00e9 \u00e9tait exquis, que l\u2019accueil \u00e9tait noble, puis il a bu une seconde gorg\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Jakuoo lui a r\u00e9pondu, \u00e0 la mani\u00e8re du po\u00e8te chinois Lu Yu, que le th\u00e9 peut se ratatiner et offrir des plis comme les bottes d\u2019un cavalier mongol, ou bien qu\u2019il peut \u00eatre raide comme les fanons d\u2019un boeuf sauvage ou ondul\u00e9 comme les tuiles d\u2019une maison. &nbsp;Il peut ressembler \u00e0 un champignon qui se forme ou aux nuages couronnant la montagne, a ench\u00e9ri Hiroyuki. Les feuilles peuvent se soulever et danser comme au gr\u00e9 de l\u2019eau lorsqu\u2019un z\u00e9phyr l\u2019effleure. D\u2019autres telle l\u2019argile tendre et mall\u00e9able sous la main du potier sont claires et pures comme si elles avaient \u00e9t\u00e9 filtr\u00e9es \u00e0 travers du charbon de bois. D\u2019autres enfin s\u2019enroulent et se tordent comme de petits ruisseaux trac\u00e9s par une pluie violente dans le champ fra\u00eechement labour\u00e9. Telles sont les meilleures qualit\u00e9s du th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Jakuoo, d\u00e9j\u00e0, purifiait les ustensiles qui, bient\u00f4t, regagneraient leurs papiers de soie, leurs rubans, leur carton d\u2019apparat. Mais pourquoi donc dis-je d\u00e9j\u00e0. Il y avait plus de deux heures qu\u2019ils \u00e9taient l\u00e0, et que j\u2019\u00e9tais l\u00e0 \u00e0 les observer, si transparent qu\u2019\u00e0 aucun moment leur regard ne s\u2019\u00e9tait port\u00e9 vers moi. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, je m\u2019\u00e9tais en quelques jours immisc\u00e9 au coeur du Japon de toujours, loin du temps, loin de tout et si pr\u00e8s de l\u2019essentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce pays o\u00f9 chacun ne cesse aujourd\u2019hui de courir, o\u00f9 des forts \u00e0 bras poussent dans chaque wagon du m\u00e9tro, pour gagner \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 quelques secondes, des fourn\u00e9es de Japonais harass\u00e9s de travail et de stress, o\u00f9 les robots de la domotique remplacent chaque jour un peu plus les gestes ancestraux de la vie en famille, il existe donc encore des \u00eatres pour gravir une colline, y construire un ermitage, installer pierre \u00e0 pierre, poutre \u00e0 poutre, chaume \u00e0 chaume, une maison de th\u00e9, cultiver des cam\u00e9lias uniques, faire rougeoyer des braises, et prodiguer l\u2019hospitalit\u00e9 comme on donnerait la vie. Et il aura fallu qu\u2019un d\u2019entre eux f\u00fbt suisse, un Suisse tatamis\u00e9 en quelque sorte, pour que je puisse y p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 mon tour, observer, m\u2019\u00e9mouvoir. Et modestement t\u00e9moigner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Alex D\u00e9cotte<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela faisait des jours et des jours que le ma\u00eetre arpentait les all\u00e9es lilliputiennes de son jardin, s\u00e9cateur ou plumeau en main, lourds sabots de bois claquant sur la pierraille. 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