La cérémonie du thé

tenri-macha

Cela faisait des jours et des jours que le maître arpentait les allées lilliputiennes de son jardin, sécateur ou plumeau en main, lourds sabots de bois claquant sur la pierraille. Vêtu d’une salopette informe, d’un gros chandail écru et torsadé recouvert en partie d’une espèce de gilet rayé, il ne s’était jamais départi du capet de laine bleue enserrant ses cheveux et ramenant toute sa haute carcasse vers le sol. Image de l’humilité? Sans doute. Mais le geste était précis, précieux, noble, la barbichette Napoléon III souveraine, le regard guerrier, tandis que le maître s’acquittait des tâches apparemment les plus banales, taille du prunus, ébourgeonnage du camélia, émondage de la haie de buis, dépoussiérage du pointillé de pierres grises qui guideraient l’hôte sur le chemin de la maison de thé, bientôt.

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